Expériences ici et ailleurs


Histoire de l'électricité IV

par éco21 le 10.02.2012

La prise en compte de l’environnement


Trente années durant, l’électricité (et plus largement les énergies) n’était vue que sous l’angle du producteur. Dans un monde subjugué par les possibilités du nucléaire, alors le pétrole coulait à flot, l’avenir ressemblait à une multiplication d’électrons. Les enseignes de Las Vegas clignotaient et balisaient une route que tout le monde voulait suivre.


A Genève, les ampoules bordaient la rade et les vitrines de luxe s’illuminaient la nuit. Mais alors que la cité de Calvin prend des allures de ville lumière, la production s’endort un peu. L’électricité fournie par le barrage de Verbois ne suffit plus du tout à répondre à ce besoin frénétique de consommation. Pas grave, se dit-on. Ce que l’on ne trouve pas chez soi, il n’y a qu’à le chercher ailleurs. Peu de voix discordantes se font entendre. Pourtant, en un peu plus d’une décennie, cet avenir radieux va se fissurer. L’environnement et les questions d’approvisionnement énergétique vont surgir dans les débats télévisés et prendre de plus en plus de place dans nos existences.


La naissance d’une pensée environnementale


En 1973, le choc pétrolier prend le monde par surprise. Suite à la guerre du Kippour et au soutien Américain à Israël, l’Arabie Saoudite et les pays de l’Opep décident d’augmenter unilatéralement les prix. Les citoyens occidentaux remarquent, atterrés, que les voitures ne fonctionnent pas à l’eau claire, et que le prix qu’ils payent à la pompe peut prendre l’ascenseur. Les mots de pénuries énergétiques sont alors prononcés pour la première fois. On se rend compte que l’or noir ne coulera pas toujours et, pire, qu’il pourrait bien venir à manquer.


Face à cette constatation, une pensée environnementale prend de l’ampleur dans la société. Aux hippies de la décennie précédente, considérés comme d’aimables hurluberlus, succèdent des scientifiques, des militants, dont certains brillent par la pertinence de leurs analyses, mais qui peinent encore à se faire entendre dans le débat public.


De Tchernobyl à Creys-Malville


1986, une explosion dans la centrale de Tchernobyl en Ukraine bouleverse une Europe occidentale qui regarde, incrédule, s’approcher un nuage radioactif lors des bulletins météo du soir. Ce douloureux rappel du risque inhérent à toute technologie démontre également que toute production d’électricité a un impact sur l’environnement. A Genève, une frange croissante de la population s’inquiète de la proximité du surgénérateur super phénix de Creys-Malville, en France voisine. Et toute une génération d’écoliers apprend que les énergies peuvent être dangereuses. Et que certains électrons, ceux issus des énergies renouvelables, sont plus propres et plus sûrs que d’autres.


En 1997, fait incroyable 25 ans plus tôt, un écologiste (Robert Cramer) accède au conseil d’Etat et devient responsable de la politique énergétique genevoise.


Le mois prochain 5ème et dernière partie : Le Développement durable et le consomm’acteur.



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